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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 00:13

La douleur est un stimulus que le système nerveux intercepte et interprète comme une expérience émotionnelle désagréable. Mais cependant utile à la protection instinctive ou réfléchit, c'est le signal d'alarme physiologique.
Il y a plusieurs types et formes de souffrance:  musculaire, mécanique, chronique etc... Je ne passerai pas en revu cela en détails, certaines personnes en parle bien mieux que moi et beaucoup d'articles sérieux existent de part la toile. Aujourd'hui si j'introduit le sujet de la douleur dans ce blog, c'est pour vous parler de la douleur liée à la pratique. J'entends surtout celles qui sont liées à la pratique méditatives. Un tabou dans certaines écoles de pensées.

N'importe quelle personne ayant expérementé une fois dans sa vie une méditation, quelque soit le rapport qu'il entretient avec elle, à déjà ressentit l'inconfort de la posture, l'engourdissement et même des douleurs piquantes et obsédantes. Vous me direz que cela est un problème de posture et qu'une fois l'assise noble réalisée, la colonne vertébrale s'aligne convenablement, les vertèbres se tassent pour laisser apparaître une certaine stabilité organique. Et vous n'auriez pas tort. La posture est stable mais la douleur émane quand même de l'équilibre.

Dans un premier temps pour comprendre ceci avant d'aller plus loin, il faut chercher dans plusieurs directions,et pour ne pas trop philosopher et se dissiper je vais réduire mon observation grossièrement à deux orientations. De l'un, principe théologique et de l'autre une attention personelle pragmatique.

Beaucoup de courants font référence à l'homme comme un être en souffrance, un  vulgaire morçeau de chair en déchirement disent certains sages, toutefois, derrière cette triste comparaison se cache un examen plus complexe qu'il n'y paraît. Par exemple, les enseignements du Bouddha nous apprends que la douleur est la première étape vers la compréhension de la réalité physique. L'homme est souffrance. Et a travers la méditation qui tend à apaiser la conscience et à affermir la concentration, la douleur est presque considéré comme initiatique. Comme étant le début d'une connaissance concrète de l'existence.
Cette souffrance est alors à la fois le sujet de l'étude et en même temps la réponse à la question qu'elle pose. L'outil qu'est la concentration, raffinée par la pratique méditative nous donne les moyens d'être encore plus attentif au phénomène.

C'est pourquoi dans les cultures asiatiques par exemple, le rapport à la douleur est different, selon moi c'est un trait important pour avancer vers une compréhension de la pratique orientale.
Chaque peuple à sa conception et une tolérance differente à celle-ci. Bien evidemment tout être humain ressent la douleur d'une façon plus ou moins similaire, en revanche l'expression de celle-ci peut-être tabou ou source d'échec selon certaines traditions. On comprend alors pourquoi nous manquons cruellement de récit ou de retour d'informations issu de ces peuples. Cette conception sociologique et ethnologique est capitale.
Puisqu'en tant que pratiquant occidentaux nous n'avons pas le même jugement à ce propos, on pourrait alors se sentir un peu à côté de nos baskets ou alors se croire complètement égaré dans la pratique en ressentant certaines douleurs musculaire lors de pose prolongée.
L'apparation de la douleur intervient au dela de 30 minutes d'immobilité alors on peut se poser des questions quant à l'utilité de depasser une heure de méditation statique tout en sachant que la douleur est un gène qui trouble l'esprit, elle devient tellement présente qu'elle envahit l'espace mental entier. Il s'agit presque d'une épreuve de force. Au dela de la compréhension de la souffrance et de la conscience de l'impermanence par la chair, quelle est l'utilité réelle de cette scarification??
D'autres traditions ont bien compris que la souffrance est un moyen d'étude mais il n'est pas la finalité ou le point névralgique de la quête. Un juste milieu semble exister. Alterner les repos ou les méditations de marche et les prises d'assise. Ceci est pour celui qui souhaite s'engager plus profondément.
Evidemment la concentration ne peut atteindre un apogée sur un laps si court, mais le principe de cette pratique se base en réalité sur la continuité et la régularité.
Au fur et à mesure, la concentration devient plus ferme et on peut alors atteindre des états plus profond durant une période plus courte. Du même coup nous évitons que la douleur devienne l'objet de culte et nous travaillons en permanence ce qui donne à l'esprit sa plus belle vivacité, la vicissitude.

Cette expérience de la douleur m'a amené à vouloir comprendre davantage ce qu'elle et si elle peut être dépassé pour amener vers une compréhension quelconque. J'ai décidé il y a peu, de suivre une retraite en janvier d'une dizaine de jours dans un centre de méditation vipassana pour aller plus loin dans ma démarche.

Par Sébastien - Publié dans : Pratiques
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